Académisme et réalisme ici et aux USA

A l’Académie des Beaux-Arts, le cours d’histoire de l’Art débute au XIXeme siècle

( avec le Romantisme, le réalisme, etc) et passe sous silence tout ce qui s’inscrit dans la veine néo-classique.
Il faut noter que tous les artistes modernes (nb : « moderne » n’est pas synonyme de « contemporain » ni « actuel ») connus y compris Malevitch, Freud ou Bacon ont une formation classique. Autrement dit, ils se sont forgé un style en dérogeant à des codes qu’ils connaissaient : ceux de la peinture académique.
L’academie des Beaux-Arts occulte tout ce qui n’annonçait pas l’art contemporain. Ce faisant, elle jette sur l’histoire de l’art un voile d’oubli.
Bientôt, personne ne saura plus rien.

©Kasimir Malevitch - carre-blanc-sur-fond-blanc-1918©Kasimir Malevitch – carre-blanc-sur-fond-blanc-1918

 

La vraie coupure – la frontière entre « avant » et « après » – a eu lieu avec les deux guerres mondiales.

L’art ayant partie liée avec le réel, la rage qui animait les artistes a embarqué leur pratique dans des directions où dominaient l’urgence, la colère, le cynisme. Le monde était perçu comme un cloaque, ce qui disqualifiait définitivement le savoir-faire qui, d’une manière ou d’une autre, a toujours partie liée avec le beau. Dès lors, il faut oublier.

La Belgique a offert un fabuleux terreau à l’histoire de l’art

mais, à l’Académie, on n’en parle pas. On pourrait pourtant remarquer que le Moyen-Age a été particulièrement meurtrier avec son cortège de guerres et de pandémies meurtrières qui, en art, ont suscité les vanités et les danses de mort. Ce qui se faisait chez nous au XVeme siècle montre à loisir que le savoir-faire n’est pas nécessairement au service d’une vision euphémisante.

©Sébastien Bonnecroy - Vanité ©Sébastien Bonnecroy – Vanité

Dans « La Guerre du Faux »,

Umberto Eco a écrit qu’aujourd’hui – après les séismes auxquels le XXeme siècle a exposé l’humanité – l’innocence n’est plus possible, que tout a été fait et dit et que, dès lors, on est toujours dans la citation, l’allusion, la redite. L’art contemporain cultive le solipsisme. Il se réfère à lui-même, se cite, se parodie…
Eco se moque des Américains qui sont les rois du « fake » et bâtissent des palais italiens plus vrais que nature, la seule chose manquante étant la marque du temps…. la patine, les coins cassés…
J’ai pensé à Umberto Eco quand j’ai visité la Frick Gallery à New-York.

Les Américains ont assuré la conservation des savoir-faire

Dans la mêlée, peut-être parce qu’ils ont la nostalgie d’un passé qui appartient à d’autres, les Américains ont préservé les savoir-faire tandis que nous, en tuant le père, nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain. Et c’est ainsi que la Belgique se fait représenter à la biennale de Venise par des artistes dont le trash et la scatologie sont les registres privilégiés.

Et donc, les Américains se revendiquent fièrement enfants d’Ingres et Bourguereau et ont perpétué l’esprit de l’académie où s’enseignent les savoir-faire classiques. Peu leur chaut qu’en France, on ait relégué leurs maîtres dans les réserves.

©Bouguereau - Venus (detail)©Bouguereau – Venus (detail)

 

 

©david Michael Bowers-the coq thie

David Michael Bowers – The Coq Thief


David Michael Bowers
est l’un des « maîtres » de l’Art Renewal Center qui promeut l’art réaliste.

J’aime cette « voleuse de coq », son visage actuel, son côté charnel, son fond classique.
Je n’apprécie pas pour autant tout l’univers de David Bowers et je n’aime pas la plupart de ses portraits sur commande que je trouve trop empruntés, révérencieux, peu inspirés.

Et vous, qu’en dites-vous ?

Lisez ce livre stimulant et iconoclaste qu’est La Guerre du Faux (le titre est déjà un clin d’oeil à « la Guerre du Feu », c’est dire…!)

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